Travaillez plus pour que Nicolas Sarkozy gagne 2,4 fois plus.
30, octobre 2007
Nicolas Sarkozy n’arrête pas de faire parler de lui : aujourd’hui, ce ne sera pas à cause de son peu laborieux voyage au Maroc, ni à cause de son divorce avec Cécilia, mais bel et bien en raison de son salaire de président. Une note « interne » à l’Elysée, signée par Emmanuelle Mignon -directrice du cabinet du président- stipule que le chef de l’Etat devrait percevoir un salaire annuel brut de 240.000 € au lieu des 101.488 € qu’il touche actuellement. Cette hausse de 140 % serait justifiée pour « aligner les émoluments du chef de l’Etat sur ceux du premier ministre et des autres chefs d’Etat étrangers. » lit-t-on sur les pages du Figaro.
François Fillon pour sa part perçoit un salaire 20.100 €. Un(e) ministre touche 13.471 € et enfin un(e) secrétaire d’Etat (Eric Besson à titre d’exemple) est rémunéré(e) 12.795 € bruts par mois, équivalent ainsi à des taux respectifs de 242%, 62% et 54% supérieurs au salaire actuel du président. En quittant donc la casquette de ministre de l’intérieur, et en devenant président, il essuie un manque à gagner de 5.171 € -bruts- mensuellement.
Le salaire de Nicolas Sarkozy se situe à la 13e position des rémunérations des chefs d’Etats des 25 pays de l’Union Européenne dont la moyenne est de 9064,76 €. (Cf graphique excel réalisé pour l’occasion).
N’oublions pas que N. Sarkozy a d’autres sources de revenus, notamment de son cabinet d’avocat, dont il est toujours actionnaire, et qui, financièrement, se porte très bien. Outre ses différents revenus, il bénéficie de plusieurs avantages que lui confère son poste de président : locataire de façon gratuite à l’Elysée, il ne paie pas la taxe d’habitation, ni les factures d’eau, d’électricité, de chauffage, ainsi que ses tenues vestimentaires qu’il commande généralement auprès de grands couturiers. Il a plusieurs voitures de fonction, et il peut séjourner gratuitement dans les résidences présidentielles : Fort de Brégançon, le domaine Souzy-La-Briche, La Lanterne (Versailles), et le château de Rambouillet. Notre président n’a donc rien à envier à certains chefs d’Etats, celui de la Suède par exemple qui nonobstant son salaire de 12.365 € (9e position), M. Göran Persson ne bénéficie ni de logement, ni de primes et dispose d’une voiture uniquement pour des déplacements ponctuels liés à sa fonction.
Si l’on additionne le salaire actuel du président ainsi que la valeur de tous les privilèges et autres avantages dont il dispose, il ne sera plus à la 13e position mais bien en dessus. Ce pourquoi, il faut se méfier des données plates et ne prendre compte un classement européen que si l’on se base sur la somme ET du salaire perçu ET de la valeur des avantages dont bénéficient les chefs d’Etats européens afin d’étudier avec plus d’exactitude, leurs pouvoir d’achat précis, tout en prenant compte certains paramètres de leurs niveaux de vie.
Important est de souligner que même lors de tous ses précédents voyages privés, N. Sarkozy n’avait le besoin de dépenser, car il était « invité » par ses vieux ami(e)s, Bolloré et compagnie, à Malte ou à Wolfeboro sur un yacht ou dans une maison à 30.000 $ la semaine.
N. Sarkozy peut donc largement se contenter de la somme de ses revenus qui tout bonnement représente son argent de poche.
Cette notre ‘‘interne’’ annonce par la même occasion que le budget de l’Elysée sera triplé je cite : « la présidence réintégrant dans son budget plus de 800 personnes actuellement «prêtées» par les administrations. Une «opération de transparence» pour Profession Politique qui «conduira mécaniquement à une augmentation de la dotation grosso modo de 32 à 100 millions d’euros.» »
La France est en faillite dixit F. Fillon.
(Le budget de l’Elysée sera traité dans un article ultérieur)
Multiplier son salaire par 2,4 est une manœuvre malsaine, surtout dans le cadre des réformes actuelles qu’il compte appliquer. Comment peut-il expliquer à un cheminot que ce dernier sera obligé de travailler plus longtemps que ce qui figurait sur son contrat d’embauche, alors que lui va se permettre d’être augmenté de façon spectaculaire, lui qui connaissait le salaire qu’il allait percevoir une fois président et qui percevra sa retraite au traitement indiciaire brut d’un conseiller d’Etat en service ordinaire?
Sur fond de grèves et de malaises sociaux très ressentis ces temps-ci, évoquer des telles augmentations, c’est prouver à la France l’incohérence qui anime les discours du président actuel. Comment peut-il avoir encore de la crédibilité quand il demande aux citoyens de serrer la ceinture, lui qui prône la fin des régimes spéciaux, qui applique les franchises médicales, et autres réformes destinées à faire des économies et qui d’un autre côté espère multiplier par 2,4 son salaire présidentiel ?

Que du vrai, mais je tiens à préciser que ça resterait vrai avec un président socialiste au pouvoir…. au PS on ne vit pas que d’amour et d’eau fraîche non plus…